« Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». C’est ainsi que s’achèvent la plupart de nos contes traditionnels. Et après ? Qu’advient-il de nos innocentes princesses symboliquement propulsées du statut de jeune fille à celui de femme ? Cendrillon, la Princesse au petit pois, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant, comment vivent-elles la réalité des conditions féminine et maternelle après la perte de leur innocence ?
Ces contes de fées et de princesses sont avant tout des récits allégoriques (dont le public visé n’a du reste, historiquement pas toujours été celui des enfants) sur le passage de l’enfance à l’âge adulte. Mais qu’enseignent-ils véritablement à nos petites filles sur ce que c’est d’être une femme et d’enfanter ?
C’est toute une vision, constipée diraient probablement les auteurs, de l’éternel féminin, le fameux « sois belle et tais-toi » qui est battue en brèche par ce conte quelque peu iconoclaste. Les petites filles de nos sociétés modernes sont toujours soumises à ces représentations de la perfection féminine (souvent plastique) abondamment relayées par les médias. Certains aspects ou caractères, notamment sexuels, de la féminité sont exacerbés, d’autres sont occultés ou au mieux aseptisés. Il en est ainsi de tout ce qui est relatif au sang et au caca ! Or les princesses aussi font caca ! Et accouchent ! Quel rapport, demanderez-vous ? Une sage-femme vous répondrait que c’est la loi des sphincters. Mais ouvrez donc ce petit livre ; vous y lirez une histoire sur la beauté et la puissance de l’enfantement et les vertus du lâcher-prise.
C’est vrai, toutes les femmes sont des princesses ; des princesses qui savent accomplir des choses aussi naturelles que faire caca ou mettre un bébé au monde lorsqu’elles se débarrassent de ces représentations lisses et corsetées de l’idéal féminin – parce que faire caca ou enfanter, c’est la même loi et ce n’est pas cra-cra. Des princesses qui, lorsqu’elles sont inspirées par de bonnes fées, sont capables de merveilles.
Pour les mamans, leurs filles et tous les hommes qui les aiment !
Disponible sur le site dès mercredi et aux 10es journées de Doulas de France les 4 et 5 mai 2012 à l’occasion desquelles une lecture du conte sera faite le samedi à 14h30.











